Alceste und Philinte im Dialog

Alceste en bicyclette : un film sympathique et post moderne sur une pièce de théâtre de Molière m’a rappelé que je possède la version original des classiques Larrousse et une traducion de Hans-Magnus Enzensberger. Le misanthrope est une pièce étonnant. Les personnes principales non point changé depuis 1650, ce qui est la grande surprise.

PHILINTE

Vous voulez un grand mal à la nature humaine !

ALCESTE

Oui ! J’ai conçu pour elle, une effroyable haine.

PHILINTE

Tous les pauvres mortels, sans nulle exception,

Seront enveloppés dans cette aversion ?

Encore, en est-il bien, dans le siècle où nous sommes…

ALCESTE

Non, elle est générale, et je hais tous les hommes :

Les uns, parce qu’ils sont méchants, et malfaisants ;

Et les autres, pour être aux méchants, complaisants,

Et n’avoir pas, pour eux, ces haines vigoureuses

Que doit donner le vice aux âmes vertueuses

De cette complaisance, on voit l’injuste excès,

Pour le franc scélérat avec qui j’ai procès ;

Au travers de son masque, on voit à plein le traître,

Partout, il est connu pour tout ce qu’il peut être ;

Et ses roulements d’yeux, et son ton radouci,

N’imposent qu’à des gens qui ne sont point d’ici.

On sait que ce pied plat, digne qu’on le confonde,

Par de sales emplois, s’est poussé dans le monde :

Et, que, par eux, son sort, de splendeur revêtu,

Fait gronder le mérite, et rougir la vertu.

Quelques titres honteux qu’en tous lieux on lui donne,

Son misérable honneur ne voit, pour lui, personne

Nommez-le fourbe, infâme, et scélérat maudit,

Tout le monde en convient, et nul n’y contredit.

Cependant, sa grimace est, partout, bienvenue,

On l’accueille, on lui rit ; partout, il s’insinue ;

Et s’il est, par la brigue, un rang à disputer,

Sur le plus honnête homme, on le voit l’emporter.

Têtebleu, ce me sont de mortelles blessures,

De voir qu’avec le vice on garde des mesures ;

Et, parfois, il me prend des mouvements soudains,

De fuir, dans un désert, l’approche des humains.

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